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Cinq « stades » d’une défence contre un agression

Ce qui suit peut-être vu comme étant un aide-mémoire pour le concept de ‘force proportionnelle’ que l’on entend souvent, particulièrement pour les policiers. Je n’ai pas l’intention d’entrer dans les détails légaux de l’auto défense, mais moralement parlant, si on peut se défendre, ou encore mieux prévenir, une agression en causant le moins possible de dommage à l’autre personne.

Même si j’utiliserai un scénario spécifique pour mieux imager la situation, il ne s’agit pas d’une marche à suivre étape par étape. Plutôt des réponses à des niveaux d’agressions différentes. Il est très possible que lors d’une altercation, le niveau d’agression change, à la hausse ou à la baisse

Désamorcer

Quand une confrontation nous est imposée, il est toujours mieux d’essayer de faire en sorte que la situation ne s’envenime pas. Un grand maître de karaté a dit un jour à son élève: “Toujours mal de se battre, quelqu’un finit toujours par se faire mal.” Que de sagesse ce M. Miyagi!

Plus sérieusement, s’il est possible de prévenir une situation d’agression, tout le monde est gagnant. Que ce soit parce que vous avez décidé de changer de côté de la rue pour éviter un groupe louche, ou en raisonnant avec une personne qui vous accoste.

Scénario: Dans un couloir étroit avec quelques boîtes de carton et des poubelles ici et vous la croisez un individu et vos épaules entrent en collision lors de votre passage. Offusqué, il se retourne et agressivement vous insulte. Calmement, vous maintenez vos distances et vous vous excusez de l’avoir interrompu dans son chemin. Maintenez vos mains devant vous, ouvertes et détendues, au cas où.

Défendre

Si les paroles ne fonctionnent pas et que l’agression devient inévitable, bien sûr il faut se défendre. Dégagements sur des saisies, technique de blocage pour parer les coups, interposer un objet (table, chaise, poteau) entre vous et l’agresseur sont toutes des méthodes de défense valables.

Scénario: L’individu s’impose davantage. Il s’approche et vous montre du doigt de façon menaçante. Il approche davantage et tente de vous pousser. Pivotez pour esquiver la pousser, déflectez-la avec votre main ouverte et interposée une poubelle entre vous et l’individu.

Déstabiliser

Le principe à retenir ici est de maintenir l’état de déséquilibre chez l’agresseur si les agressions persistent. De cette façon, ses coups seront plus difficiles à exécuter et moins efficaces si ils le sont et qu’ils vous atteignent.

Un déséquilibre peut être fait de plusieurs façons. Entre autres, continuer le mouvement de l’attaque plus loin que l’agresseur l’avait planifié est une méthode classique de déséquilibrer. Il est aussi possible d’intercepter son mouvement à son point d’origine, avant que celui-ci ne développe assez de puissance.

Scénario: L’individu enlève violemment la poubelle de son chemin, tente de vous agripper à nouveau. Vous coincez sa main contre votre torse avec une main et en pivotant, pousser à son épaule opposée, ce qui le fait tomber au sol.

Défaire

Ici l’idée est de mettre l’agresseur dans une position qu’il ne peut plus attaquer. Le plaquer contre un objet, lui contrôler les bras, le projeter au sol. Essentiellement, faites tout pour vous retrouver dans une position où vous êtes dans son dos, ou une où vous pouvez utiliser votre poids contre lui.

Scénario: L’individu se relève et attaque à nouveau. Cette fois-ci avec un crochet du droit vers votre tête. Vous interceptez sa frappe et le passer par-dessus votre hanche. Vous le plaquez au sol avec votre genou et maintenez le contrôle de son bras.

Détruire

Ici, on parle de situation ou même lorsque l’agresseur est en position de désavantage marqué, qu’il tente toujours de trouver moyen de frapper ou blesser de façon active. On cherche alors à le mettre KO, ou lui causer une luxation d’une articulation pour le convaincre qu’il est temps d’arrêter. L’idée de destruction est autant au niveau physique (rendre une partie de son corps non fonctionnel) que psychologique (détruire son intention de vous faire du mal).

Tel que mentionné en début de texte, il est possible que les niveaux d’agressions changent extrêmement rapidement et peuvent même “sauter des étapes”. Si l’individu dans le scénario ci-haut avait spontanément frappé, il est clair qu’il aurait été impossible d’essayer de désamorcer la situation. Il est aussi possible qu’une fois mis en déséquilibre, qu’il quitte tout simplement, en recherche d’une proie plus facile.

Il n’est pas facile de maintenir un esprit calme et contrôlé dans une situation de stress. C’est pourquoi il est aussi important de cultiver l’esprit et la pensée dans les arts martiaux et non de se concentrer seulement sur les techniques. “L’esprit avant la technique” comme disait Sensei Funakoshi.

Titres, grades et rangs, dans les arts martiaux – Partie 3

Ceci fait suite aux parties un et deux, portant sur les rangs (« kyu », les niveaux avant la ceinture noire) et les grades ( « Dan », ceux après la ceinture noire). Pour un peu de rattrapage sur ceux-ci, vous pouvez cliquer sur les liens suivants pour accéder aux parties respectives. Partie 1Partie 2

Un système hièrarchique parallèle

Shōgō 称号 = Système des titres martiaux.

Parallèlement au système Kyu/Dan, il existe également les titres, ou Shogo. Ils sont normalement obtenus plus ou moins indépendamment du grade de la personne, mais d’une fédération à l’autre, l’utilisation et les critères à remplir pour les obtenir peuvent être très différents. Par exemple, au sein de la Fédération française de Judo, les titres de Renshi, Kyoshi et Hanshi peuvent être donnés à des pratiquants possédants un 4e, 6e et 8e dan respectivement, mais pas automatiquement. Il s’agit d’un système de titre hiérarchique des instructeurs. Ils sont habituellement obtenus par reconnaissances et non à la suite d’un test ou un examen. Le premier titre est le Renshi, la personne raffinée. Ensuite, l’on progresse vers le kyoshi, la personne experte. Le titre de Hanshi, où la personne modèle vient alors ensuite. Remarquez qu’ici, j’utilise le mot ‘personne’ et non ‘instructeur’. Les titres se voient non seulement comme un titre au niveau technique de la personne, mais aussi, selon sa moralité. Comme mentionné en début d’article, les termes que l’on couvre ici ne sont pas seulement utilisés dans le domaine des arts martiaux.

Renshi 錬士 = Personne/instructeur raffinée

Kyoshi 教士 = Instructeur expert

Hanshi 範士 = Personne/instructeur modèle

Autres titres couramment utilisés

Shihan est aussi un titre que l’on entend assez souvent utilisé dans le monde des arts martiaux. Il fait référence à un instructeur d’expérience. Comme pour les titres précédents, il n’y a pas de grade spécifique attribué à ce titre… normalement. Il s’agit probablement du titre où il y a le plus de variation pour l’obtention. Par exemple, les gradés des organismes de karaté kyokushin sont souvent référés comme étant Shihan passé le 3e dan. Dans certains styles de jujutsu, c’est au 5e dan qu’il est atteint. Au sein de l’Aikikai, Shihan est octroyé au 6e dan. Considérant les différences qui sont démontrées ci-haut, les règles pour l’attribution de ces titres varient énormément d’une association/groupe à l’autre, mais le sens du titre reste le même, un instructeur expérimenté, ou maître instructeur.

Shihan 師範 = Maître instructeur

Parmi les trois prochains termes, sempai est le plus couramment utilisé. Généralement, sempai est habituellement utilisé pour identifier le pratiquant le plus avancé de groupe. Quoique ceci n’est pas faux, il s’agit d’une échelle relative. Prenons l’exemple d’un pratiquant de 5e kyu. Donc, pour lui tous les pratiquants du 4e au 1er kyu sont des sempai. De l’autre côté, il est sempai de tous ceux qui sont 6e kyu et moins. Les autres pratiquants 5e kyu sont ses Dohai.

Sempai 先輩 = Pratiquant plus avancé

Kohai 後輩 = Pratiquant moins avancé

Dohai 同輩 = Pratiquant du même niveau, collègue

Dans la culture japonaise, sensei est un titre pour honorer quelqu’un. Une personne ne fait jamais référence à lui-même comme étant ‘sensei’. Il peut également être utilisé pour identifier d’autres personnes que des instructeurs, par exemple, des avocats ou des médecins. En tant que tel, sensei veux dire guide, quelqu’un qui montre le chemin ou qui peut servir d’exemple, pas nécessairement un instructeur. Communément, le sensei est un instructeur dans une école d’art martial. Parfois, on rencontre l’idée qu’il n’y a qu’un seul sensei dans une école, l’instructeur-chef, les autres pratiquants qui sont en position de donner des cours sont des sempai, ils enseignent en l’absence du sensei.

Sensei 先生 = Celui qui était là avant, guide, instructeur

Titres moins utilisés

Pour terminer, plusieurs titres sont également utilisés pour la personne qui est à la tête d’une association. Soké fait référence au Japon antique à la tête d’une famille. Le terme finit par être utilisé pour représenter celui ou celle qui détient l’autorité sur un style en particulier. Il est habituellement considéré hors du système de grade habituel et peut donner tous les niveaux ou titres. Par contre, il est à noter que le Soké n’est pas nécessairement le fondateur d’un style. Le premier Soké d’un style est l’Iémoto, ou le fondateur de la famille. Par ailleurs, le terme Kaiso peut-être utilisé, mais peut aussi être utilisé pour le fondateur d’une école.

On entend souvent parler du Sensei ou du Shihan. Mais il existe aussi le terme Shidoin, qui fait référence à un instructeur assistant ou intermédiaire. Ce titre n’est généralement pas associé à un grade en particulier. Dans l’Aikikai, la fédération qui régit l’Aïkido d’O Sensei Uéshiba, utilise plutôt le terme Doshu à la place de Soké.

Shidōin = 指導員Instructeur assisant

Kaiso = 開祖 Fondateur

Soké = 宗家 Tête d’une famille

Iemoto = 家元 Fondateur de la famille

Doshu 道主 = Maître de la voie (quasi exclusif à l’Aikikai)

Alors, tout ça pour dire attention aux titres, aux grades et aux rangs. Ils ont clairement une place dans les arts martiaux, mais ils sont souvent considérés être dans un ensemble très homogène. Même quand ils sont pris au sein d’un même organisme, il peut avoir quelques variations.

A mon avis, ils ne devraient pas être des objectifs à atteindre, mais plutôt une reconnaissance des efforts qu’une personne a mis à l’apprentissage de quelque chose, dans ce cas si, un art martial en particulier.

Synopsis

Principalement pour les Kyu et les Dan, ils sont de bons outils pédagogiques. Ils permettent le classement rapide des élèves et indiquent aux instructeurs d’avoir une idée générale d’où ils sont rendus et ce qu’ils devraient avoir appris dans leur progression, quand on les prend dans le contexte d’une association spécifique. Comparer des pratiquants de deux fédérations différentes peut être beaucoup plus compliqué non seulement parce que les notions à acquérir pour atteindre un certain niveau peuvent être différentes, mais il est aussi possible que le nombre de niveaux soit différents, ou même que le niveau spécifique n’existe pas dans les deux systèmes. Quoiqu’ils peuvent servir à encourager la continuité de la pratique, ils devraient être octroyés au mérite et non seulement à cause d’un temps de pratique prédéterminée. Qu’ils le soient après une évaluation ou spontanément par l’instructeur, ils devraient l’être quand les éléments pré-requis sont rencontrés. Ils servent de barreaux dans l’échelle pour gravir au niveau suivant et non d’appâts pour inciter les pratiquants à grimper.

Tant qu’au titre, ils ne représentent pas l’habileté martiale. Ils sont d’avantage un reflet du pratiquant en tant que personne et qu’instructeur. N’étant pas attribué suite à des examens, les titres sont un type reconnaissance de la part d’un organisme pour leurs dévouements au sein de celui-ci. Tout comme les Kyu et les Dan, à mon avis, ils ne devraient pas faire l’objet d’un désir de les atteindre spécifiquement, mais le seront en appliquant les efforts nécessaires pour se développer soi-même.

Titres, grades et rangs, dans les arts martiaux – Partie 2

Les Niveaux supérieurs.

Pour faire suite à l’article précédant qui portait sur les rang dans les arts martiaux, nous passons maintenant au grade, les niveaux supérieurs.

Dan = Grade

Ceux si sont les niveaux supérieurs dans les arts martiaux japonais. À l’inverse des kyu, ceux-ci sont échelonnés en ordre croissant. C’est à dire qu’un détenteur d’un 1er dan est considéré d’un grade inférieur à celui qui détient un 2e dan. La plupart du temps, avec le grade de premier dan, le pratiquant porte dorénavant une ceinture noire. Pour démontrer le grade actuel, les lignes sont habituellement brodées sur la ceinture.

Les pratiquants ayant obtenu un grade de shodan sont habituellement appelés Yudansha (Yu 有 = Possession, Dan 段 = Grade, Sha 者 = Personne), ou pratiquants possédant un grade.

Pour la plupart des associations, le 10e dan est le grade le plus élevé atteignable dans un système particulier. Un cas particulier, le fondateur du Judo, Jigori Kano, a été élevé au grade de 12e dan après sa mort par les hauts gradés du Kodokan.

Ces pratiquants sont la plupart du temps appelé des “premiers dan” ou “troisième dan”, etc. Attention, il s’agit bien ici de ‘DAN’ et non ‘DAME’ comme certaines personnes le prononcent.

Tout comme pour les rangs, d’autres écoles vont utiliser les termes japonais pour nommer les grades.

1er Shodan (初段) 6e Rokudan (六段)
2e Nidan (弐段 ou 二段) 7e Nanadan (aussi Shichidan) (七段)
3e Sandan (参段 ou 三段) 8e Hachidan (八段)
4e Yondan (aussi Yodan) (四段) 9e Kudan (九段)
5e Godan (五段) 10e Judan (十段)

Règle générale, les Dan sont souvent des mises à niveau au point de vue national ou international au sein d’une association. Il y a moins de variabilité entre les niveaux techniques des pratiquants pour les Yudansha.

En Amérique du Nord et possiblement en Europe également, le grade de shodan est mis sur un piédestal comme étant un niveau extrême de maîtrise. Au Japon, elle est atteinte relativement rapidement, mais les pratiquants restent à ce niveau longtemps. Elle symbolise une compréhension des base d’un style. Loin d’une maîtrise absolue. Un shodan, à mon avis, c’est quelqu’un qui en a appris beaucoup, mais qui en a encore beaucoup à apprendre.

Ils ont un rôle très semblable au kyu. Autant une sorte de classification de niveau technique qu’une aide à maintenir la motivation des pratiquants. Le grade est souvent associé à la capacité de gagner un combat d’un individu. Ceci peut-être une indication, mais est loin de l’absolu. Hélio Gracie, grand maître de Jiujitsu brésilien, expliquant qu’il ne voit pas le grade comme étant les chances de gagner une compétition, mais la capacité d’enseignement d’un art. Pour voir la vidéo (en portugais, avec sous-titre anglais disponible) en cliquant ici. Vers la fin de la vidéo, il dit très clairement que les grades sont « Not fighting skills but teaching skills », pas l’habileté au combat, mais à l’enseignement.

Dans le prochain article, nous allons explorer l’utilisation des titres dans les arts martiaux, tel que Sensei, Shihan, Soké, etc.

Titres, grades et rangs, dans les arts martiaux – Partie 1

Un système hiérarchique

Les niveaux et les titres dans les arts martiaux semblent prendre beaucoup d’importance. Est-ce une mauvaise chose? Pas nécessairement ! Dans le cas des grades et rangs, les pratiquants ont besoin de faire des démonstrations techniques et des examens qui sont souvent physiquement et mentalement difficiles à atteindre. Pour les titres, la plupart du temps, ils sont donnés par une Association ou une Fédération à un pratiquant qui s’est impliqué dans le développement ou la propagation d’un style particulier. Bien sûr, comme dans tous les domaines, parfois ces titres ou grades sont obtenus de façon un peu douteuse, mais ce n’est pas le but du présent article. Il est plutôt de faire l’exposition de la terminologie des ‘termes honorifiques’ utilisés dans les arts martiaux et donner une certaine balise de comparaison entre eux.

Cependant, il faut prendre en considération que tous les rangs/grades/titres ne sont pas égaux! Ce que je veux dire c’est que d’une école ou d’une association à une autre, il y a parfois des différences majeures dans leurs significations.

Avant de continuer, je veux préciser que les termes que nous allons discuter dans la série de texte suivant peuvent être utilisés dans un contexte hors du domaine des arts martiaux. En effet, plusieurs d’entre eux sont souvent utilisés dans la vie professionnelle ou scolaire et peuvent avoir des significations différentes que celles mentionnées dans le texte suivant. Nous allons les considérer ici seulement dans un contexte martial. De plus, il s’agit de généralité d’utilisation. D’une école ou une association à l’autre, l’utilisation est différente. Tout comme les couleurs de ceintures changent d’un style à l’autre, l’utilisation et l’ordre des titres peuvent être différents.

Dans les prochains articles, nous allons explorer et comparer les niveaux de différents styles et fédération, pour esseyer de mettre le tous en perspective.

Le système Kyu/Dan

Premièrement, un peu de lumière sur le système de niveau utilisé dans la grande majorité des écoles d’arts martiaux modernes. Il s’agit ici d’un système de niveau qui était utilisé dans d’autres sports et qui fut éventuellement adapté pour les arts martiaux. Le concept de Dan est utilisé entre autre dans le jeu du Go, une forme de jeu de dame Japonais, qui reflète le handicap des joueurs dans les tournois. Les couleurs de ceinture pour les Kyus aurait été inspirées des mêmes couleurs utilisées pour les compétitions de natation.

L’on traduit habituellement les kyu comme étant des rangs et les dan comme étant des niveaux. Ils fonctionnent dans des ordres opposés. C’est-à-dire qu’un 1er rang est plus haut qu’un 2e rang, mais un premier niveau est inférieur au deuxième niveau. Comme aide-mémoire, considéré les placements des rangé dans un auditorium pour les rangs. Lorsque vous êtes au premier rang, vous êtes devant les autres, tout près de la scène. Pour les niveaux, pensez aux étages d’un édifice. Le premier niveau ce celui sur lequel les autres niveaux sont bâtis.

Je Judo est le premier style moderne reconnu comme ayant utilisé ce système. Jigoro Kano, le fondateur du Judo et du Kododan, attribua les premières ceintures noires à ses élèves qui maîtrisaient le curriculum de base du Judo et non à la connaissance totale du programme. Il considérait donc ces shodans comme étant des élèves sérieux qui étaient prêt à s’engager dans les études supérieur du Judo.

Ce n’est qu’a l’introduction du Judo dans l’ouest que les ceintures de couleurs ont été utilisées. Les représentants britanniques du Kodokan reconnaissaient qu’à cause de la culture occidentale, les gens avaient besoin de motivations supplémentaires pour maintenir leurs intérêts et développèrent les couleurs de ceintures.

Les premiers niveaux

Kyu = Rang

On parle ici des niveaux inférieurs octroyés à un pratiquant d’arts martiaux. Échelonné en ordre décroissant, un pratiquant possédant un 4e est considéré d’un rang inférieur à un pratiquant ayant un 1er kyu. Dans la grande majorité des écoles ou organisations, à chaque kyu est attribuée une couleur de ceinture (obi) faisant partie de l’uniforme de pratique (keikogi). Le nombre de kyu présent d’un style ou une association à l’autre peut varier.

Ces pratiquants sont communément appelés des Mudansha (Mu 無 = Néant, Dan 段 = Grade, Sha 者 = Personne), ou pratiquant sans grade.

Dans la majorité des écoles modernes, quand on parle du rang d’un pratiquant on dit qu’un tel est ceinture bleue, ou une telle est ceinture marron ou brune. Certaines écoles optent pour l’utilisation de “3e kyu” par exemple. On peut aussi utiliser les termes japonais pour le rang, par l’utilisation du chiffre du rang en japonais.

Sans kyu Mukyu (無級)
10e Jukyu (十級 )
9e Kukyu (九級 )
8e Hachikyu (八級 )
7e Nanakyu (parfois shichikyu) (七級 )
6e Rokkyu (六級 )
5e Gokyu (五級)
4e Yonkyu (Parfois shikyu) (四級)
3e Sankyu (三級 )
2e Nikkyu (二級 )
1er Ikkyu (一級 )

À titre d’exemple, prenons trois fédérations de karaté différentes. La Japan Karate Federation (JKA) et l’Internation Shotokan Karate Federation (ISKF), toutes les deux des fédérations qui régissent la progression en karaté shotokan, puis l’International Karate Organisation (IKO) qui est une des associations de karaté kyokushin. Dans le tableau ci-dessous, vous trouverez les couleurs de ceintures associées au kyu dans chaque fédération. Une case vide indique que le kyu n’est pas utilisé dans l’organisme en question.


JKA (Shotokan) ISKF (Shotokan) IKO (Kyukushin)
Sans kyu

blanche
10e blanche
orange
9e blanche blanche orange barre bleue
8e jaune jaune bleue
7e orange orange bleue barre verte
6e verte verte jaune
5e bleue violette jaune barre organe
4e violette violette verte
3e marron marron verte barre marron
2e marron marron marron
1er marron marron marron barre noire

Comme vous pouvez le voir, non seulement les organisations différentes utilisent des couleurs de ceintures différentes pour les rangs, mais elles n’ont pas tout le même nombre de rang avant l’obtention d’un shodan (ceinture noire). Considérant une personne ayant une ceinture bleue. Si elle est membre d’un dojo de la JKA, elle serait considérée comme intermédiaire avancé. Si son dojo est membres de l’IKO, c’est un débutant. Dans l’ISKF, la ceinture bleue n’existe pas. Faire des comparatifs de connaissances ou de compétences par rapport au rang est au mieux difficile à faire d’un art à l’autre. De plus, il n’est pas rare que des écoles individuelles aient de légères différences entre leurs programmes techniques et le programme global de leurs fédérations respectives, par exemple l’ajout de niveaux intermédiaires. De plus, parfois la même couleur de ceinture est utilisée pour deux grades différents (la violette pour le 4e et 5e kyu dans l’ISKF, par exemple, ou même la marron pour le 3e 2e et 1er kyu dans la JKA et l’ISKF). Alors, attention de faire le jugement technique d’un pratiquant seulement en voyant la couleur de sa ceinture!

Essentiellement les rangs sont utiles pour classer les élèves d’un même style, voir même d’une même école. Les ceintures de couleurs pratiques identifient rapidement les différents rangs dans un large groupe de personnes. Elles peuvent aussi aider à maintenir la motivation d’évolution des élèves, particulièrement chez les enfants. D’obtenir une nouvelle ceinture, plus particulièrement pour les jeunes, mais aussi pour les moins jeunes, fait l’effet d’une récompense bien méritée. Pédagogiquement, elles peuvent aussi contribuer à compartimenter des objectifs d’apprentissage plus facile à gérer pour un débutant.

Dans notre prochaine chronique, les niveaux supérieurs sont au menu. La variabilité d’un assiciation à l’autre, mais tout de même intéressant à voir les différences.

L’importance des frappes « honnêtes »

L’honêteté d’une frappe, c’est quoi?

J’aimerais toucher aujourd’hui sur les frappes et comment s’en servir. Non seulement de la perspective de la personne qui frappe, mais aussi de celle de la personne qui la reçoit.

Premièrement, qu’est-ce que j’entends par ‘frappe honnête’. Une frappe honnête, c’est une frappe qui se rend à la cible et la pénètre, si cette cible reste là. Trop souvent, j’ai vu en pratique des gens qui attaquent d’un coup de poing au visage, mais qu’ils font dévier eut même leurs attaques à gauche ou à droite. « Mais, je ne veux pas lui faire mal » est une réponse que j’ai entendue souvent suite à intervenir à un pratiquant. Une intention très noble en soi-même. Personnellement, je n’ai aucun désir de blesser qui que ce soit, particulièrement lors d’une pratique.

Parfois, ce sont les distances qui sont mal assimilées. Le coup de poing arrête à quelques centimètres (voir une dizaine ou plus pas moment…) de la cible. Ce genre d’action nuit à la pratique des deux partenaires.

Point de vu de l’attaquant et du défenseur

Pour le pratiquant qui reçoit l’attaque. Une attaque qui manque sa cible, ou qui ne rend pas, peut lui donner une mauvaise appréciation du synchronisme nécessaire pour l’exécution d’une défense ou d’une esquive. L’échec est sans conséquence. L’attaque ne l’aurait pas atteint de toute façon.

Pour celui qui l’exécute, une telle pratique peu également engendrée des problèmes. Imaginer de porter un atémi qui aurait pour but de distraire notre attaquant, mais qui ne porte pas. Le déséquilibre nécessaire pourrait ne pas être suffisant, ou même complètement absent et la défense par conséquent, inefficace.

Lors de la pratique, il est important que les frappes portent à leurs cibles. La vitesse des attaques dépendra du niveau de compétence des deux pratiquants, en commençant par une attaque lente et progressant vers une qui est de plus en plus réaliste.

De cette façon, même à une vitesse réduite, si le mouvement de défense n’est pas adéquat, l’impact aura lieu. Le défenseur pourra ressentir l’impact en minimisant les dommages en tant que débutant. Pour les plus avancés, on y verra un apprentissage d’absorption de l’impact et un meilleur tonus musculaire.

L’honnêteté dans la pratique!

Un point que je voudrais clarifier par contre. Si l’attaquant porte ses frappes à vitesse réduite, il est important que le défenseur réagisse avec la même intensité de mouvement. Il n’y a pas d’apprentissage si le défenseur est permis de se déplacer à pleine vitesse. Cela aussi, fais partie de l’honnêteté de la pratique. Les deux (ou plus) pratiquants s’entendent sur une vitesse de pratique et ils la maintiennent pour la durée de l’échange, ou jusqu’à ce qu’ils s’entendent pour la changer. Je vois ce genre de pratique comme un outil pédagogique pour permettre a tous les pratiquants, peu importe le niveau, d’apprendre et de pratiquer des techniques de tout niveau, y compris certaine plus dangereuse qui serait normalement réservée à des pratiquants de niveau supérieur, sous l’oeil attentif de votre instructeur, bien sûr!

Les différents « styles » d’arts martiaux.

Avant de commencer dans le gros de cet article, je voudrais préciser que j’utilise principalement des exemples d’arts martiaux japonais, car c’est dans ceux-ci que j’ai la plus grande expertise. Ceci n’est aucunement une façon de dire que l’article s’applique seulement aux arts japonais. Il existe plusieurs méthodes de kung fu et de tai chi différents et il est probablement vrai pour les arts qui proviennent de la Corée*, d’Indonésie, de la Philippine, etc.

*le Tae Kwon Do en est un excellent exemple, étant donné la présence de deux fédérations distinctes et possiblement plus, de cet art au Canada, notamment la fédération Montiale de Tae Kwon Do et la fédération Internationale de Tae Kwon Do. Toutes les deux pratiquent le même art, mais avec des méthodes de pratique très différentes.)

Qu’est-ce qu’un style?

Pour la plupart des gens qui ne pratiquent pas un art martial, l’expression ‘style d’art martiaux’ ne présente souvent pas exactement la même signification que pour les pratiquants, surtout ceux de longue date. Pour beaucoup, le karaté, le judo, l’aïkido et le jujutsu sont des styles d’arts martiaux. Ce qui n’est pas faux. Mais ceci n’est que la pointe de l’iceberg. Prenons comme exemple le Karaté.

Il existe plusieurs styles, ou ‘ryu’ (流) de karaté; Wado-ryu, Goju-ryu, Shito-ryu, Shotokan, Kyokushin, Uechi-ryu, Shorin-ryu, Shorei-ryu… et j’en passe. Même que certains de ses ryu ont plusieurs fédérations qui régissent des ‘sectes’ différentes (Comme la Japanese Karaté Association (JKA), la Shotokan International (SKI), Todokai International, l’International Shotokan Federation (ISKF) pour le karaté Shotokan, entre autres). Les styles sont nécessaires à un certain point, surtout dans les débuts de la pratique des arts martiaux. En suivant les enseignements d’un style en particulier, on s’assure d’avoir une base pour les techniques avancées d’un système. Même si l’exploration peut être intéressante, elle peut créer de la confusion chez les débutants.

J’ai utilisé majoritairement des exemples de karaté, mais ce n’est pas le même art qui subit des ‘divisions’ concernant les styles. Même la Katori Shinto Ryu, réputée comme étant la plus ancienne école d’arts martiaux encore existante au Japon n’est pas à l’épreuve de ce phénomène.

Il en existe plusieurs branches (Sugino-ha, Hatakeyama-ha, Sugawara-ha, Noda-ha, Shiigi-ha et Mochizuki-ha) à travers le monde. Mais on remarque une certaine différence de nomenclature. On ne les considère pas nécessairement comme des styles différents, mais des courants différents (ryuha, 流派). Les styles plus classiques, plus ‘vieux’ fonctionnaient avec des ‘licences d’enseignement’. Un instructeur considérait un élève comme ayant assez de connaissance dans le style pour lui permettre d’enseigner et de représenter l’art. C’est le cas de la liste mentionnée ci-haut pour le Katori. Certes, au fil des années, des différences stylistiques ou même dans les katas de base se sont développés, mais ils sont encore considérés comme étant du même ‘style’. Plusieurs vont débattre de la légitimité de chaque courant, la considérant valable ou non, mais d’après moi, le débat ici est plus politique que martial, alors je ne développerai pas davantage sur cet aspect.

Qu’est-ce qui change le style?

Ce qui me mène à la question, quand est-ce qu’un art, qui subit des modifications, devient un autre ‘style’? La ligne est tout de même assez nébuleuse et je crois qu’elle dépend aussi de l’interprétation de chacun. Est-ce qu’un instructeur de Karaté Shotokan qui incorpore également des projections est toujours un instructeur de Shotokan ou non? Est-il en train de créer un nouveau ‘style’? Se transforme-t-il en instructeur de Wado-ryu?

Les styles différents sont souvent définis davantage à cause de leur philosophie et non à cause des différences techniques. Shotokan, Goju-ryu et Kyokushin sont tous des karatés et les mécaniques de base pour les techniques sont les mêmes, mais les approches principales sont différentes. Le Shotokan est majoritairement un art de ‘longue portée’, le Goju-ryu de ‘courte portée’ et le kyokushin se retrouve en quelque part entre les deux.

Pour moi les styles sont des guides, un chemin possible dans l’étude des arts martiaux. Mais il est également très important de ne pas porter d’œillères et intentionnellement ignorer qu’il existe autre chose à l’extérieur des murs de notre dojo. Des aspects d’autres systèmes peuvent être incorporés dans notre arsenal, sans pour autant complètement oublier nos racines.

Mabuni Kenwa (1887–1952), le fondateur du Karaté Shito-ryu et un des grands pionniers du karaté moderne a dit qu’il n’y avait pas de style différent de karaté, mais plutôt de différentes interprétations des principes de base. Je crois que ceci s’applique à tous les arts martiaux. Certains enseignent majoritairement des techniques de frappe en premier. D’autres se composent principalement de projection et d’amené au sol.

En revenir à la base.

Mais certes, dans les arts martiaux modernes, on essaie de se démarquer, d’être différent des autres pour attirer des élèves. Un poing au visage, peu importe l’art pratiqué par quelqu’un, va faire mal. On fait une torsion de poignet à un partenaire, que l’on s’identifie à l’Aïkido, à l’Hapkido, ou au Chi’na, celui-ci risque une luxation.

« Il ni a pas de place dans le karaté contemporain pour les différents styles. Certains instructeurs disent avoir inventé un nouveau kata, alors ils se donnent le droit de se donner le titre de fondateur d’un style. Effectivement, mes collègues et moi sommes souvent considérés comme appartenant à l’école Shotokan, mais je fais objection à cette tentative de classification. Je crois que tous ces styles devraient être incorporés en un pour que le karaté puisse se développer à l’avenir. » – Gishin Funakoshi.

Tout comme il peut exister plusieurs sentiers pour gravir jusqu’au sommet d’une montagne, les ‘styles’ sont des chemins différents pour atteindre votre objectif personnel dans les arts martiaux. Vrai, certains seront plus efficaces tout dépendant de votre objectif personnel (compétition, auto-défense, développement personnel, santé/mise en forme, etc), mais tous restent valables. De plus, comme pour les sentiers de montagnes, rien nous empêche de faire un petit détour sur un autre sentier, pour ensuite revenir sur notre premier, ou de poursuivre notre ascension en empruntant un troisième chemin.

Si votre style vous convient physiquement, mentalement et au point de vue de vos objectifs personnels, vous êtes sur le bon chemin.

Pourquoi la pratique des armes?

Alors, pourquoi est-ce que, un art martial qui se veut un orienté vers la défense personnelle ou l’autodéfense possède un curriculum de Buki waza (technique d’armes)?

Quand même lointaines sont les années ou les gens se promènent dans les rues avec un sabre à la hanche, ou en trainant deux seaux d’eau à l’extrémité d’un bâton de 6 pieds sur les épaules.

Effectivement, ce n’est pas pour les applications d’autodéfense que les armes sont incluses. (Une parenthèse par contre, si vous vous retrouvé, malgré vos efforts pour l’évité, dans une situation d’agression, et qu’une arme est à porté d’utilisation, je vous encourage fortement de le faire!).

Les armes sont très utiles pour aidé apprendre un aspect qui est très important, mais pour certain très difficile a apprendre. La distance! Une personne a beau avoir la vitesse de l’éclair, ou la puissance d’un boeuf, s’il est trop loin, l’effet sera loin d’être spectaculaire. De même s’il est trop proche, les résultats escomptés seront différents de ceux obtenus.

La pratique des armes aide ce travail de distance (ainsi que beaucoup d’autres aspects très importants, oui). Surtout dans les cas où les armes utilisées ne sont pas de la même longueur. Lorsque bien travaille, un enchaînement entre, par exemple, un sabre et un bâton long est une constante réévaluation de la distance pour les deux pratiquants. Dans cette situation, le pratiquant avec le sabre veut s’approcher, pour être capable de porter un coup. Du côté du pratiquant avec le bâton, il veut maintenir une distance éloignée pour être capable d’utiliser son arme.

Cela revient à amplifier une différence de portée entre deux personnes lors d’un engagement à mains nues. Dans les combats de boxe, dans les statistiques des boxeurs, la portée de chacun est toujours indiquée. Un boxeur avec une longueur de bras de Dijon 70 pouces. Sa stratégie de combat ne sera surement pas la même s’il est face à un adversaire avec une portée de 75 pouces qu’a un adversaire de 65 pouces.

Évidemment, dans la situation d’une agression, quelqu’un n’a pas le luxe de se préparer d’avance pour l’engagement, contrairement à un boxeur, mais la réalité y est quand même.

Alors, lorsqu’on travaille les armes et qu’on change de type d’armes, le pratiquant apprend a s’adapter à des situations changeantes, force l’adaptation, qui est un des piliers important quand notre pratique martiale. Les enchaînements imposés sont des bases pour développer, les adaptées à des situations différentes. Ce qui est appris avec une arme dans les mains n’est pas automatiquement oublié lorsqu’on ne l’a pas.

Donc, je crois fortement que la pratique des armes renforce également nos techniques à mains nues. Sensei Fumio Demura a d’ailleurs écrit plusieurs livres portant sur les armes (le sai et le nunchaku sont deux qui me sautent à l’esprit immédiatement) et compare les techniques de karaté (pour Sensei Demura, c’est le Shito-ryu karaté) à celle des techniques d’armes. Historiquement parlant, les écoles de kenjutsu du Japon antique sont créditées pour le développement du Jujutsu japonais. En escrima, les mêmes types de mouvements sont utilisés avec bâton et couteaux, mais aussi à mains nues. Les exemples sont nombreux!

L’utilité des arts martiaux

À quoi peuvent servir les arts martiaux de nos jours? L’essence principale lorsque l’on parle d’arts martiaux (la traduction de bu jutsu) est souvent le combat. J’ai souvent croisé des gens, lorsqu’ils apprenaient que je pratiquais les arts martiaux, qui m’ont dit “T’as pas l’air du genre qui aime ça se battre.” Voilà quelque années, j’ai vu un vidéo par Shihan Nishiuchi, un expert en Kobudo d’Okinawa, dans lequel il expliquait la traduction de Kobudo.

En abrégé, il explique que le ‘bu’ de kobudo est composé de deux symboles qui veulent dire ‘arrêter’ et ‘lance’. Donc ‘Bu’ n’as pas une signification de combat, de guerre, comme nous l’entendons plus souvent lorsqu’on utilise le terme ‘martial’ en français. C’est plus une idée de défense ou de protection. Donc, “bujutsu’; l’art de la protection, ‘budo’; la voie de la protection. L’idée de base dans les arts martiaux, c’est de se protéger, ou protéger quelqu’un d’autre. Ça, c’est l’aspect bujutsu (jutsu = art).

D’un point de vu martial.

On entend plus souvent parler du ‘Budo’. La voie (do), signifiant un cheminement, un chemin a prendre, voir même une façon de vivre. Le suffixe ‘Do’ a commencé à être plus utilisé lorsque la caste samurai a été éliminée. L’efficacité de défense et/ou combative n’est pas nécessairement en première place pour les arts martiaux considérés ‘Budo’, mais l’évolution de soi-même, soit au plan physique, ou au plan mental (ou les deux). Est-ce que budo et bujutsu sont mutuellement exclusifs? En mon opinion, absolument pas! Mais plus étant comme deux aspects de la même médaille. On peut se regarder seulement un côté de cette médaille si l’on désire, mais l’autre côté est toujours disponible aussi.

Alors, pour en revenir au thème original ce se texte, nous avons déjà deux utilités aux arts martiaux; apprendre à arrêter les lances (au sens figuré, bien sûr!) avec le côté ‘bujutsu’, puis à se développer en tant que personne avec le côté ‘budo’.

Dans la vie de tout les jours

Autre chose? Bien oui, quoique plus mondaine. J’ai récemment commencé de la démolition en prévision de rénovations chez ma mère. J’ai remarqué qu’instinctivement, les principes appliqués dans les arts martiaux s’appliquent même pour des gestes communs. Le travail des hanches, la synchronisation de la respiration avec le mouvement, la position de la main sur la poigné du marteau, et j’en passe.

Les arts martiaux influence notre vie beaucoup plus que l’on ne me pense, surtout dans les premiers temps de notre pratique. Ne sous-estimez surtout pas les bienfaits qu’ils peuvent apporter!

Quel rôle jouent les Kata dans les arts martiaux?

Au cours des années, j’ai entendu souvent des gents dire qu’ils ne voulaient pas faire de karaté, ou qu’ils avaient arrêté leur pratique parce qu’ils n’aimaient pas apprendre et ou pratiqué leurs katas, une chorégraphie de mouvements contre un ou plusieurs adversaires imaginaires. Soit, les katas, ou les formes ne sont pas exclusifs au karaté. Dans les arts coréens, comme le Tae Kwon Do, on les appelle des poomsae, tul ou hyung, tout dépendant du style et/ou de l’organisation. Les styles chinois utilisent normalement le terme Kuen.

Mais ce n’est pas seulement que dans les arts qui utilisent principalement les frappes avec la main et les pieds qui utilisent des formes. Les différents styles de techniques d’armes utilisent également des enchainements prédéterminés. Ceux-ci normalement exécuté a deux. Une étude approfondie en Judo révèle aussi plusieurs Katas exécutés a deux, comme le Ju no Kata, le Kimé no Kata, ou le Katamé no Kata, pour en nommé que quelques-uns. L’Association d’Aïkibudo et Kobudo du Québec également les utilisés, notamment le Kihon Nagé Waza, ou “technique de projections fondamentales”.

Et j’en passe surement des centaines.

Mais à quoi elles servent?

Si nous revenons à notre exemple initial, le Karaté, les Katas sont un des trois piliers de l’entrainement. Kihon (fondamentaux), Kata (formes), et Kumité (applications ou combats). La ou les Kihon sont considérées comme l’alphabet du karaté, les Katas sont la grammaire. Comment ‘conjuguer ‘ les techniques ensemble pour qu’elle soit applicable et utilisable. Les Katas offrent aussi une possibilité de travailler les techniques avec grande puissance dans risque de blessé un partenaire de travail (attention à ne pas se blesser soi-même à cause d’une hyper extension, par contre!). Ils permettent de faire entrer les techniques dans la mémoire musculaire, pour qu’elles deviennent une seconde nature pour la pratique.

Une fois la chorégraphie de la forme apprise, il est important de passer au Bunkai, à l’analyse ou les possibles applications des mouvements. Dans ce sens, elles nous offrent des scénarios à décortiquer et à comprendre.

Pour les arts moins orientés vers les frappes, comme le Judo et l’Aïkibudo mentionnés plus tôt, les formes servent beaucoup d’aide-mémoire, ou même de registre techniques. Plusieurs techniques contenus dans les Katas du judo ne sont pas permis en compétition, et sont par conséquent moins pratiqués. Dans notre système, nous utilisons les katas comme répertoire techniques, pour apprendre des enchainements spécifiques, comme pour les immobilisations au sol ou les étranglements, par exemple.

Mais, si on élargissant la définition d’une forme un peu… pour les sports comme la boxe, par exemple? Oui, oui, vous m’avez bien compris, la boxe. Si on prend un kata comme étant un enchainement spécifique de mouvement pour voir à l’application après, les séances de travail avec les mitaines de frappes, les fameuses combinaisons (jab direct-crochet, par exemple), pourraient entrer dans la définition d’un kata… très court, certes, mais quand même un kata. L’enchainement, répété plusieurs fois, entre dans la mémoire musculaire, on travaille ensuite à l’application avec un partenaire, puis en échanger et en combat.

Mais, en plus de tout ce qu’il vient d’être nommé plus haut, dans les arts traditionnels, peu importe le pays d’origine, il y a également un élément culturel à la pratique d’un kata. C’est un peu de plongé (ou au moins y tremper un orteil) dans le passé d’un art, de travailler les mêmes choses que des milliers de pratiquants on travaillé avant nos, et même les grands maîtres que nous admirons comme exemple de discipline et de médication à la pratique de leurs arts.