Sensei Jackson/ septembre 28, 2019/ Articles/ 0 comments

Un système hiérarchique

Les niveaux et les titres dans les arts martiaux semblent prendre beaucoup d’importance. Est-ce une mauvaise chose? Pas nécessairement ! Dans le cas des grades et rangs, les pratiquants ont besoin de faire des démonstrations techniques et des examens qui sont souvent physiquement et mentalement difficiles à atteindre. Pour les titres, la plupart du temps, ils sont donnés par une Association ou une Fédération à un pratiquant qui s’est impliqué dans le développement ou la propagation d’un style particulier. Bien sûr, comme dans tous les domaines, parfois ces titres ou grades sont obtenus de façon un peu douteuse, mais ce n’est pas le but du présent article. Il est plutôt de faire l’exposition de la terminologie des ‘termes honorifiques’ utilisés dans les arts martiaux et donner une certaine balise de comparaison entre eux.

Cependant, il faut prendre en considération que tous les rangs/grades/titres ne sont pas égaux! Ce que je veux dire c’est que d’une école ou d’une association à une autre, il y a parfois des différences majeures dans leurs significations.

Avant de continuer, je veux préciser que les termes que nous allons discuter dans la série de texte suivant peuvent être utilisés dans un contexte hors du domaine des arts martiaux. En effet, plusieurs d’entre eux sont souvent utilisés dans la vie professionnelle ou scolaire et peuvent avoir des significations différentes que celles mentionnées dans le texte suivant. Nous allons les considérer ici seulement dans un contexte martial. De plus, il s’agit de généralité d’utilisation. D’une école ou une association à l’autre, l’utilisation est différente. Tout comme les couleurs de ceintures changent d’un style à l’autre, l’utilisation et l’ordre des titres peuvent être différents.

Dans les prochains articles, nous allons explorer et comparer les niveaux de différents styles et fédération, pour esseyer de mettre le tous en perspective.

Le système Kyu/Dan

Premièrement, un peu de lumière sur le système de niveau utilisé dans la grande majorité des écoles d’arts martiaux modernes. Il s’agit ici d’un système de niveau qui était utilisé dans d’autres sports et qui fut éventuellement adapté pour les arts martiaux. Le concept de Dan est utilisé entre autre dans le jeu du Go, une forme de jeu de dame Japonais, qui reflète le handicap des joueurs dans les tournois. Les couleurs de ceinture pour les Kyus aurait été inspirées des mêmes couleurs utilisées pour les compétitions de natation.

L’on traduit habituellement les kyu comme étant des rangs et les dan comme étant des niveaux. Ils fonctionnent dans des ordres opposés. C’est-à-dire qu’un 1er rang est plus haut qu’un 2e rang, mais un premier niveau est inférieur au deuxième niveau. Comme aide-mémoire, considéré les placements des rangé dans un auditorium pour les rangs. Lorsque vous êtes au premier rang, vous êtes devant les autres, tout près de la scène. Pour les niveaux, pensez aux étages d’un édifice. Le premier niveau ce celui sur lequel les autres niveaux sont bâtis.

Je Judo est le premier style moderne reconnu comme ayant utilisé ce système. Jigoro Kano, le fondateur du Judo et du Kododan, attribua les premières ceintures noires à ses élèves qui maîtrisaient le curriculum de base du Judo et non à la connaissance totale du programme. Il considérait donc ces shodans comme étant des élèves sérieux qui étaient prêt à s’engager dans les études supérieur du Judo.

Ce n’est qu’a l’introduction du Judo dans l’ouest que les ceintures de couleurs ont été utilisées. Les représentants britanniques du Kodokan reconnaissaient qu’à cause de la culture occidentale, les gens avaient besoin de motivations supplémentaires pour maintenir leurs intérêts et développèrent les couleurs de ceintures.

Les premiers niveaux

Kyu = Rang

On parle ici des niveaux inférieurs octroyés à un pratiquant d’arts martiaux. Échelonné en ordre décroissant, un pratiquant possédant un 4e est considéré d’un rang inférieur à un pratiquant ayant un 1er kyu. Dans la grande majorité des écoles ou organisations, à chaque kyu est attribuée une couleur de ceinture (obi) faisant partie de l’uniforme de pratique (keikogi). Le nombre de kyu présent d’un style ou une association à l’autre peut varier.

Ces pratiquants sont communément appelés des Mudansha (Mu 無 = Néant, Dan 段 = Grade, Sha 者 = Personne), ou pratiquant sans grade.

Dans la majorité des écoles modernes, quand on parle du rang d’un pratiquant on dit qu’un tel est ceinture bleue, ou une telle est ceinture marron ou brune. Certaines écoles optent pour l’utilisation de “3e kyu” par exemple. On peut aussi utiliser les termes japonais pour le rang, par l’utilisation du chiffre du rang en japonais.

Sans kyu Mukyu (無級)
10e Jukyu (十級 )
9e Kukyu (九級 )
8e Hachikyu (八級 )
7e Nanakyu (parfois shichikyu) (七級 )
6e Rokkyu (六級 )
5e Gokyu (五級)
4e Yonkyu (Parfois shikyu) (四級)
3e Sankyu (三級 )
2e Nikkyu (二級 )
1er Ikkyu (一級 )

À titre d’exemple, prenons trois fédérations de karaté différentes. La Japan Karate Federation (JKA) et l’Internation Shotokan Karate Federation (ISKF), toutes les deux des fédérations qui régissent la progression en karaté shotokan, puis l’International Karate Organisation (IKO) qui est une des associations de karaté kyokushin. Dans le tableau ci-dessous, vous trouverez les couleurs de ceintures associées au kyu dans chaque fédération. Une case vide indique que le kyu n’est pas utilisé dans l’organisme en question.


JKA (Shotokan) ISKF (Shotokan) IKO (Kyukushin)
Sans kyu

blanche
10e blanche
orange
9e blanche blanche orange barre bleue
8e jaune jaune bleue
7e orange orange bleue barre verte
6e verte verte jaune
5e bleue violette jaune barre organe
4e violette violette verte
3e marron marron verte barre marron
2e marron marron marron
1er marron marron marron barre noire

Comme vous pouvez le voir, non seulement les organisations différentes utilisent des couleurs de ceintures différentes pour les rangs, mais elles n’ont pas tout le même nombre de rang avant l’obtention d’un shodan (ceinture noire). Considérant une personne ayant une ceinture bleue. Si elle est membre d’un dojo de la JKA, elle serait considérée comme intermédiaire avancé. Si son dojo est membres de l’IKO, c’est un débutant. Dans l’ISKF, la ceinture bleue n’existe pas. Faire des comparatifs de connaissances ou de compétences par rapport au rang est au mieux difficile à faire d’un art à l’autre. De plus, il n’est pas rare que des écoles individuelles aient de légères différences entre leurs programmes techniques et le programme global de leurs fédérations respectives, par exemple l’ajout de niveaux intermédiaires. De plus, parfois la même couleur de ceinture est utilisée pour deux grades différents (la violette pour le 4e et 5e kyu dans l’ISKF, par exemple, ou même la marron pour le 3e 2e et 1er kyu dans la JKA et l’ISKF). Alors, attention de faire le jugement technique d’un pratiquant seulement en voyant la couleur de sa ceinture!

Essentiellement les rangs sont utiles pour classer les élèves d’un même style, voir même d’une même école. Les ceintures de couleurs pratiques identifient rapidement les différents rangs dans un large groupe de personnes. Elles peuvent aussi aider à maintenir la motivation d’évolution des élèves, particulièrement chez les enfants. D’obtenir une nouvelle ceinture, plus particulièrement pour les jeunes, mais aussi pour les moins jeunes, fait l’effet d’une récompense bien méritée. Pédagogiquement, elles peuvent aussi contribuer à compartimenter des objectifs d’apprentissage plus facile à gérer pour un débutant.

Dans notre prochaine chronique, les niveaux supérieurs sont au menu. La variabilité d’un assiciation à l’autre, mais tout de même intéressant à voir les différences.

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